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J’ai découvert récemment les travaux de Raymonde Hazan et la notion de haut-potentiel ou de surdoué. Je n’ai pas fait les tests, mais tout me porte à croire que j’en suis une.

Jusqu’à maintenant, je n’osais pas vraiment en parler car je me disais « Voyons Julie, gardes ça pour toi, ça fait un peu imbue de toi-même d’en parler.»

Eh bien tant pis! J’ai choisi de ne plus me soucier de ce que les autres pensent de moi et de partager ma vérité… car ça peut aider d’autres personnes à mieux se comprendre.

En faisant mes propres recherches, j’ai compris bien des choses!!! J’ai compris pourquoi lorsque j’étais en classe à l’école primaire, pendant que le professeur expliquait, je pouvais être dans la lune et dessiner toute la journée, tout en ayant quand même de bonnes notes sans trop d’efforts. J’ai compris pourquoi mes professeurs m’ont envoyée chez la psy en deuxième année pour me faire passer des tests de QI. J’ai compris pourquoi je trouvais inutiles toutes ces choses qu’on m’apprenait à l’école… Même si j’aimais quand même l’école, (parce que j’aimais apprendre et j’étais curieuse), je me demandais à quoi l’école nous servait vraiment, à part apprendre à lire, à écrire et à compter? À quoi ça servait d’apprendre des trucs par cœur, qui ne nous servent pas vraiment dans notre vie quotidienne?

Aujourd’hui, je continue de penser que le rôle de l’école devrait être de nous apprendre à être heureux, à être autonome, à vivre en société, à protéger les ressources de la planète pour les futures générations, et à créer la paix dans le monde… et non à faire de nous de gentils moutons-travailleurs-esclaves des industries et des banques.

J’ai compris ensuite pourquoi je suis tombée malade à l’âge de 30 ans après avoir terminé mes études. Je n’en pouvais plus de refouler mes ressentis, mes pensées… qui ne collaient pas avec ceux des gens de mon âge. À l’intérieur de moi je savais que je n’utilisais pas mon plein potentiel et que je gaspillais ma vie. Je ne comprenais pas pourquoi je travaillais 35h/semaine dans un métier qui ne me passionnait pas… un travail où j’avais hâte à la fin de la journée, hâte à la fin de semaine, hâte à mes vacances, hâte à ma retraite… C’est quoi le principe?

Je me disais que c’était beaucoup plus simple de faire ce qui nous passionne dans la vie, de façon à ne pas avoir hâte à notre retraite. J’ai compris pourquoi je trouvais même ridicule l’idée de prendre sa retraite. Je préférais avoir un métier (ou emploi du temps) que j’aime suffisamment pour ne pas avoir envie de prendre ma retraite!

J’ai compris pourquoi à l’école, j’aimais passer mes heures de dîner à la bibliothèque à lire des encyclopédies qui parlent de l’origine de l’univers et des phénomènes inexpliqués. Je préférais m’instruire que d’avoir des discussions ennuyantes avec les ados de mon âge. Plus tard, j’ai reproduit la même chose à mon travail : je préférais utiliser mes heures de dîner à faire du sport ou à lire plutôt qu’à avoir des discussions futiles au sujet des nouvelles à la télé, des émissions télévisées ou de la météo.

J’ai compris pourquoi je suis curieuse et j’ai toujours envie d’apprendre de nouvelles choses. Et quand j’ai terminé d’apprendre ces choses, ça m’ennuie, je m’en lasse, et je me tourne vers autre chose. Aux yeux des autres, je peux avoir l’air d’une personne qui ne se branche pas, qui change tout le temps d’idée, qui est un peu comme une girouette.

J’ai compris pourquoi j’ai autant besoin d’avoir de vraies conversations avec les gens, pourquoi j’ai besoin de mettre des mots sur mes émotions, et pourquoi j’ai besoin que les gens me partagent aussi ce qu’ils ressentent. J’ai compris pourquoi ça m’irrite autant quand je sens qu’une personne me ment, se ment à elle-même, qu’elle fait du déni ou qu’elle fuit. Je le sais… c’est tellement évident. J’ai compris pourquoi j’avais des amis plus âgés… parce que j’aime parler avec des personnes qui ont une expérience de la vie. Ça me nourrit. J’aime apprendre d’eux.

J’ai compris pourquoi je vois toujours ce qui ne fonctionne pas dans le monde, alors que les autres semblent ne pas s’apercevoir de grand-chose. Je n’ai jamais compris pourquoi les gens étaient en compétition entre eux, alors qu’ils sont uniques. J’ai compris pourquoi les gens qui sont lents à comprendre m’énervent au plus haut point.

J’ai compris pourquoi j’avais autant besoin de donner un sens à ma vie, de me sentir utile, de contribuer. J’ai compris pourquoi j’avais besoin que les choses soient en harmonie autour de moi. Lorsqu’il y a une discordance, je le sais, je le sens. Ça m’irrite. C’est pourquoi j’aime les ambiances simples, épurées, organiques, chaleureuses et que j’aime organiser les choses entre elles pour créer une harmonie. C’est mon besoin de beauté! J’ai le Feng Shui dans l’oeil!

J’ai compris pourquoi je suis rebelle à l’autorité, pourquoi je ne suis que les règles qui ont du sens à mes yeux, peu importe le statut des personnes qui ont a décidé les règles. J’ai compris pourquoi les diplômes et la notoriété des gens ne m’impressionne pas vraiment. C’est comment ils se comportent qui m’intéresse, les résultats.

L’intelligence selon moi c’est de mettre ses dons au service du monde, et non d’accumuler des diplômes de doctorat ou des postes prestigieux. J’ai compris pourquoi je n’ai pas écouté les conseils des médecins quand je suis tombée malade, car j’avais l’intuition qu’il y existait d’autres possibilités et que je pouvais m’en sortir. Et si ces possibilités n’existaient pas encore, alors j’allais les créer.

J’ai compris pourquoi j’ai toujours eu l’impression que je devais m’organiser toute seule, que personne ne me comprenait vraiment… même pas mes parents. J’ai compris pourquoi mes parents m’ont souvent dit que je voulais trop de choses, que j’étais une éternelle insatisfaite, que j’étais trop ambitieuse… Parce que je savais au fond de moi que j’avais un grand potentiel. Je savais que si une façon de faire les choses ne fonctionnait pas, j’avais la capacité d’en inventer une autre. J’avais confiance en mes capacités, j’étais déterminée. Des solutions? Amenez-moi des problèmes, je vais vous en trouver des solutions! Et je m’intéresse seulement aux solutions simples et faciles. Ça m’irrite au plus haut point lorsque les gens utilisent des solutions compliquées là où ça pourrait être beaucoup plus simple.

J’ai compris pourquoi je me prend souvent en train de rêvasser : je pars d’une idée, qui me mène à une autre, puis à une autre, puis à une autre, puis à une autre qui n’a plus du tout rapport avec l’idée de départ. J’ai découvert qu’on appelle cela la pensée en arborescence, qui est typique des hauts-potentiel.

Voici mon hypothèse sur l’origine de la douance:

Mon hypothèse c’est qu’on ne naît pas nécessairement HP. Je pense que la douance se développe suite à une décision pris dans l’enfance lors d’une situation traumatisante. L’enfant croit que pour survivre, il doit apprendre à être autonome, qu’il doit se débrouiller tout seul dans la vie, que personne ne peut l’accueillir dans ce qu’il vit ou le comprendre. Alors il doit s’organiser tout seul, apprendre tout seul, tracer le chemin tout seul… Ça lui permet de développer l’aptitude à s’instruire par lui-même. Il veut tout connaître, tout apprendre, tout comprendre. Il veut être meilleur que les autres qu’il a jugé «inaptes» à le secourir lors de cette situation traumatisante. Et tout cette course à vouloir tout connaître finit par faire beaucoup de connexions neuronales dans le cerveau, ce qui augmente considérablement la capacité à faire des liens, à synthétiser et à avoir une vue d’ensemble, caractéristique de l’intelligence émotionnelle.

Je n’ai pas ressenti le besoin de faire un test pour savoir si je suis une HP confirmée. Je suis une HP. Je le sais. Il y a le test WAIS mais ce n’est pas nécessairement évident d’établir un diagnostic à ce qu’il paraît. Et au fond ça sert à quoi d’avoir une confirmation? Pas grand-chose selon moi… sauf de me mettre dans une case.

Je n’utiliserai pas le fait d’être HP pour me victimiser ou pour donner du sens à mes difficultés passées…

J’utiliserai plutôt cette découverte pour m’assumer pleinement, me reconnaître, être contente de qui je suis, et arrêter de me diminuer par peur d’intimider les autres.

Si vous êtes HP vous aussi, tout ce que vous avez besoin de faire, c’est de cesser de vous remettre en question ! C’est d’avoir quelques amis HP autour de vous pour avoir des conversations nourrissantes intellectuellement et émotionnellement, et de pouvoir rire et dédramatiser tout cela! L’humour aide vraiment!

Nous les HP, nous ressentons davantages les choses, nous comprenons plus rapidement que les autres!!! Nous trouvons souvent les gens stupides. Et puis après? Ce qui est important, c’est de nous assumer pleinement et de faire quelque chose d’utile avec cela, plutôt que de se plaindre tout le temps que les autres ne nous comprennent pas ou qu’ils ne nous encouragent pas!

Si vous vous reconnaissez comme un HP vous aussi, alors bienvenue au club!

Si vous avez envie de vous assumer pleinement, et de savoir quoi faire avec votre douance, venez, on va jaser un peu!

Références :

Thèse HPI/HPE de Raymonde Hazan, psychanalyste:
https://www.youtube.com/watch?v=C2wVkmL9nwg
https://hautpotentielquebec.org
http://www.aqdouance.org